Pardonner – pourquoi faire ?

salut22 Développement personnel

Tu ressens une colère dont tu ne peux pas te débarrasser, tu es stressé, énervé? Est-ce que tu t’es déjà demandé si tu avais à pardonner quelqu’un ? Ou même à te faire pardonner ?

Selon certains psychologues, il y aurait 2 fois moins de monde en hôpital psychiatrique si les gens se savaient pardonnés. Le pardon, celui qu’on donne et celui qu’on reçoit, est au cœur de la santé mentale de l’homme.

Punir seulement les personnes ne les guérit pas, ne les aide pas à se réhabiliter, ni ne les aide à revenir dans la société. Souvent les prisonniers à leur sortie du pénitencier sont prêts à récidiver.

Quels sont les effets du non-pardon?

  • Le premier effet c’est la vengeance.

La vengeance est quelque chose de très naturel, car elle vient d’une sorte d’instinct de justice. Tu m’as fait mal ; je vais te faire mal de la même façon.

Les Juifs ont voulu qu’il y ait une sorte de modération dans la vengeance et ils ont créé la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent. Si tu me crèves un oeil, je vais devoir te crever un oeil. C’est la loi des équivalences pour ne pas aller dans l’exagération de la vengeance.
Le danger de la vengeance, c’est la spirale de violence qu’elle engendre.

On se demande pourquoi certains peuples se battent depuis parfois des siècles. La réalité c’est qu’un peuple a attaqué un autre et l’a humilié. Il existe alors ce qu’on appelle une mémoire collective. On se raconte de génération en génération les outrages faits par les « ennemis » et l’on entretient la haine. Parfois même l’identité nationale est basée sur les tortures, les humiliations, les guerres qui ont été faites.

Il y a certains qui disent  » je ne me vengerai pas, mais je n’oublierai jamais ! ».

Elles développent en elles une sorte de ressentiment. Ressentir, c’est sentir deux fois. Elles se rappellent l’offense et elles sentent toute l’agressivité qu’elles ont dans leur intérieur. Et tout ça pendant plusieurs années. Mais,cette attitude n’est qu’un autre type de vengeance : une vengeance passive, dont on parle peu. Souvent en effet, quand on parle de vengeance, on pense à quelque chose d’actif : faire mal à l’autre.

Mais arrêter de faire en sorte que les autres soient heureux, arrêter de créer de la vie, c’est une manière de se venger des autres.

Si l’on ne pardonne pas et si l’on maintient en soi un ressentiment, on vit un stress continuel.

Le ressentiment, c’est le pire sentiment que vous pouvez vivre. Il peut être à l’origine de l’hypertension, de l’arthrite et même de certains cancers.

Beaucoup de dépressions viennent aussi de l’amertume.

La blessure a été enfouie ; on croit être passé par-dessus. Mais on a un mal de vivre dont on ne connaît pas la cause.

On ne sait plus vivre le présent et l’on n’a plus de projets d’avenir. En réalité, ce qui ne va pas, c’est notre blessure non guérie : inconsciemment, notre perception du monde passe toujours par cette blessure.

Toutes ces choses (vengeance, ressentiment, dépression…) arrivent lorsqu’on ne fait pas face à notre blessure et qu’on ne la traite pas par le pardon. Mais ce sont des impasses, pas des passages obligés !

Le travail qu’on a à faire c’est d’aller chercher l’agression enfouie en nous, de la guérir et de la transformer.

Toi, que vis-tu ? Es-tu heureux(se) ?

Ce que le pardon n’est pas

  • Le pardon n’est pas l’oubli.

Souvent les gens disent : « Allez, tourne la page, dans peu de temps tu ne t’en souviendras plus. Ce n’est pas si important. Laisse tomber. ».

Mais les psychothérapeutes disent combien on n’oublie jamais. Les blessures dites « oubliées » ont été enfouies dans l’inconscient et elles continuent de travailler les personnes. On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être capable de les traiter.

Le pardon ne veut pas dire oublier, mais notre mémoire émotionnelle va se cicatriser. On va se souvenir de l’événement et l’on n’aura plus de ressentiment intérieur. C’est un peu comme une cicatrice dans la chair. Quand on touche une cicatrice, elle ne fait plus mal. C’est ce qui arrive lorsqu’on pardonne : on ne souffre plus. Ça devient une « expérience » par qui on grandit.

  • Le pardon n’est pas seulement un acte de la volonté.

Il engage tout notre être, demande toutes nos facultés : cœur, intelligence, et même notre physiologie. Vouloir brûler les étapes de la gestion des émotions et de la guérison, c’est recoudre une plaie infectée. Elle finira par développer du pus. Il faut prendre le temps nécessaire pour pardonner, il ne faut pas brusquer ce qui se passe en nous. Il faut prendre le temps de guérir.

Le pardon est un acte d’amour : « par don ».

La personne qui pardonne doit demeurer libre de son choix. Obliger quelqu’un à nous pardonner, c’est lui dire : « je veux que tu m’aimes malgré les vacheries que je t’ai faites. ».

On peut le souhaiter. On ne peut contraindre l’autre à le faire. Sinon ce n’est plus un pardon. On peut commander à quelqu’un des gestes extérieurs, mais on ne peut pas commander l’attitude intérieure. On peut juste l’inspirer par son exemple, on peut la demander (je te demande pardon), mais on ne peut pas l’exiger.

  • Le pardon n’est pas une démission de ses droits.

Le pardon ne vient pas éliminer la justice.

Un voleur pardonné n’est pas dispensé de rendre son bien à autrui. Le pardon n’enlève pas non plus les conséquences d’un acte ou d’une parole malheureuse. Pardonner un meurtrier ne ramène pas à la vie la victime.

Le pardon n’est pas un acte de justice.

C’est une démarche d’amour pour la réhabilitation de l’offenseur, de son être. C’est le dissocier du mal qui l’habite et qui l’a conduit à mal agir, et ne pas le condamner avec.

  • Le pardon ne change pas l’autre.

Quand on pardonne, quelque chose d’extraordinaire se passe, qui fait qu’éventuellement l’offenseur peut prendre conscience de sa conduite et changer de comportement et d’attitude intérieure.

Mais on n’a pas de pouvoir sur l’autre. On a le pouvoir sur nous, le pouvoir de nous guérir et celui de nous libérer, d’avoir la paix en nous.

Mais il ne faut pas pardonner en pensant que c’est ce qui va faire changer l’autre.

Comment pardonner ?

5 étapes pour pardonner.

La difficulté vient de notre incapacité à nous laisser aimer, et de nous laisser d’être aime.

  • 1ère étape : prendre la bonne décision.

Le pardon ne va pas venir seul. Il faut décider de ne pas prendre le chemin de la vengeancepour régler une situation d’injures, de blessures, de trahison.

C’est très important que cette décision soit prise avant que l’offense arrive. Lorsque le mal arrive, si cette décision n’est pas prise, vous allez penser immédiatement à vous venger et vous allez passer à l’acte.

Il est aussi très important d’essayer de faire cesser l’offense. Le pardon est difficile et ne tient pas longtemps tant qu’une personne perpétue son offense sur nous.

Il faut décider de discuter avec cette personne pour lui demander de cesser de nous blesser. Cela demande du courage. Souvent certains cachent leur manque de courage derrière la belle façade d’un pardon donné gratuitement.

Mais la vérité est que la plupart des gens ne peuvent réellement pardonner dans les conditions d’une offense continuelle. Ils étouffent leurs sentiments parce que ça leur est plus confortable.

Faire savoir qu’on est blessé ne veut pas dire se mettre en colère contre l’autre.

  • 2ème étape : reconnaître qu’on a été blessé.

Lorsqu’on a souffert d’une injustice, d’une trahison, lorsqu’on a été insulté, on a parfois

tendance à vouloir tout d’abord excuser l’autre, à vouloir oublier ou minimiser la faute. Parfois c’est même l’offensé qui se sent coupable.

Il faut redresser cette situation-là et rentrer en contact avec sa blessure intérieure.

Ce n’est pas facile. Nous avons des mécanismes de défense qui nous empêchent de vouloir trop souffrir. On a peur aussi de rencontrer notre colère. On fait toutes sortes de manœuvres pour ne pas entrer en contact avec nos émotions. On essaye d’excuser l’autre, on va lui pardonner rapidement, beaucoup trop rapidement. Beaucoup de gens pardonnent trop vite sans respecter ce qui se passe à l’intérieur d’eux-mêmes. Mais s’il n’y a pas une purgation des différentes émotions (douleur, tristesse, colère, frustration), on ne guérira pas. Pardonner demande du courage.

Reconnaître qu’on a été blessé veut aussi dire identifier ce qui a été touché en nous.

Ce n’est pas jouer à la victime et se lamenter sur soi-même d’une façon générale. C’est important de savoir exactement ce qu’on a perdu, par rapport à nous et également par rapport à l’autre.

Dans tout pardon, il y a un « deuil » à faire par rapport aux attentes que l’on avait vis-à-vis de quelqu’un. Quand on peut ainsi repérer ce qui a été touché en nous (notre honnêteté, notre fidélité, notre compétence…), notre agressivité commence à fondre parce qu’on pensait auparavant que c’était toute notre personnalité qui avait été atteinte.

  • 3ème étape : dire sa souffrance.

Il faut extérioriser sa douleur pour pouvoir en faire quelque chose, la gérer, guérir.

Écrire dans un cahier, parler à quelqu’un de confiance nous libère du poids de la blessure. Attention, il ne s’agit pas de parler pour se venger, dire du mal de l’autre. On a décidé de ne pas se venger. Il s’agit de parler de sa souffrance et de décrire des faits, pas d’interpréter des intentions.

Il faut aussi trouver une personne assez mûre pour écouter nos doléances sans que cette personne en vienne à mépriser celui qui nous a fait du mal ni qu’elle n’aille répandre partout la nouvelle. De cette mauvaise tendance et de la mauvaise compréhension du processus de pardon naît notre solitude. Il y a des personnes qui meurent de ne pas pouvoir parler de leur souffrance, ne pas être capables de s’exprimer.

Parler à quelqu’un permet d’y voir clair en nous et d’identifier ce qui a été touché.

  • 4ème étape : recevoir « la guérison ».

Le pardon total n’est pas possible si notre être intérieur n’a pas été guéri. La plupart du temps parler à quelqu’un permet à la guérison de se faire en nous, avec le temps. Nous avons en nous une capacité intérieure réparatrice.

Un ami, un psychothérapeute peuvent nous aider à cheminer vers cette 4ème étape, mais ils ne peuvent pas nous guérir.Quand la blessure est trop profonde ou très ancienne, le moi intérieur n’a plus la force de réparer les dégâts vit. Il faut du temps.

  • 5ème étape : s’ouvrir au pardon.

Une fois la guérison enclenchée, on peut dire : « mon cœur est ouvert pour recevoir le don du pardon ». En effet, on ne pardonne pas aux autres, on se laisse prendre par le pardon. On développe un état d’esprit « du pardon ».

Le pardon ne nous appartient pas. Le croire fait naître en nous un sentiment de supériorité par apport aux autres.

Le vrai moteur pour le pardon, c’est de se savoir aimé. Si vous vous sentez aimé(e) vous allez être capable de pardonner. Quelqu’un qui ne se sent pas aimé peut-il aimer pleinement les autres ?

Si vous avez l’impression qu’on ne vous a rien pardonné dans votre vie, allez-vous être capable de pardonner à d’autres ?

En même temps, il n’y a rien de plus difficile que de recevoir quelque chose d’une manière gratuite. On a toujours l’arrière-pensée qu’il y aura quelque chose à payer. Quand vous entrez dans le monde du pardon, vous entrez dans un monde d’abondance, de générosité.

Après le pardon : que faire de la relation avec l’offenseur ?

On a le choix. Est-ce que je me réconcilie avec la personne ou pas ?

Si tu te réconcilies avec la personne, la relation ne peut plus revenir comme avant.

Lorsqu’il y a eu une blessure entre deux personnes, le seul chemin positif, c’est l’approfondissement de l’amour entre ces deux personnes, décidé d’un commun accord. Quand on peut souffrir ensemble et accepter cette souffrance-là, il y a une sorte d’approfondissement. Un amour qui n’a pas souffert est un amour qui manque de profondeur. On le voit chez les couples.

Toutefois, dans certaines situations, il est mieux qu’il n’y ait pas de réconciliation physique, si la personne n’a pas changé par exemple, si elle peut nous agresser, nous faire du mal.

S’ouvrir pour recevoir

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